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Perspectives Agriculture T2 2026 : la technologie au cœur du prochain cycle de M&A

L’agriculture à un point d’inflexion

L’agriculture aborde un véritable point d’inflexion en 2026. Après plusieurs années marquées par la volatilité des matières premières, la hausse des coûts des intrants et la perturbation des chaînes d’approvisionnement, les priorités ont fondamentalement évolué : (i) de la maximisation des rendements vers l’optimisation des marges et (ii) de l’effet de taille vers les compétences clés. La technologie et le capital ne sont plus des facteurs de différenciation, mais des prérequis.

Un changement structurel et non conjoncturel

Plusieurs facteurs façonnent à nouveau le secteur, notamment : (i) des tensions durables sur la main-d’œuvre, (ii) la volatilité continue des coûts des intrants, (iii) le renforcement des exigences de traçabilité et de durabilité, et (iv) des gains de rendement portés par l’efficacité plutôt que par l’extension des surfaces cultivées. Il en résulte un écart croissant entre les exploitants à forte intensité numérique et les modèles traditionnels. Cet écart constitue aujourd’hui une réelle opportunité d’investissement.

Les secteurs qui suscitent un véritable engouement

  1. La précision plutôt que le volume. La création de valeur passe désormais du contenu appliqué à la précision de son application. L’agronomie pilotée par l’IA, les technologies de modulation des doses et l’intégration de couches de données permettent l’émergence de systèmes axés sur les résultats — dépassant la simple vente de produits au profit de la performance.
  2. La démocratisation des produits biologiques. Les produits biologiques ne relèvent plus d’un marché de niche, mais s’imposent comme un levier majeur de rendement. Leur adoption est moins guidée par la réglementation que par la performance, notamment en matière d’efficacité azotée, de tolérance au stress et d’amélioration des rendements.
  3. Des infrastructures devenues stratégiques. Les infrastructures post-récolte font l’objet d’une réévaluation. Le stockage, le séchage et la manutention évoluent vers des systèmes intelligents et guidés par les données. Dans un contexte climatique plus volatile, préserver le rendement est tout aussi critique que de le produire.
  4. L’essor des plateformes intégrées. La prochaine génération de leaders sera constituée d’écosystèmes connectant génétique, intrants, données et infrastructures, contrairement aux solutions ponctuelles des années passées. L’objectif ultime : le « rendement en tant que service » (yield as a service).

Le M&A comme accélérateur

Le M&A ne se résume plus à une simple consolidation sectorielle ; c’est le levier de modernisation de l’industrie. Les acquéreurs stratégiques recherchent moins la taille critique absolue que l’acquisition de savoir-faire spécifiques (ex. : produits biologiques, agronomie numérique, intrants spécialisés). Le Private Equity développe des plateformes dans des segments fragmentés, s’appuyant sur la technologie pour dégager des marges supérieures. Les entreprises détenues par leurs fondateurs constituent un moteur clé, recherchant des partenariats pour gérer la transmission, la complexité opérationnelle et les besoins en capital de croissance.

Une réelle divergence de valorisation

Livingstone observe une scission marquée sur les marchés du M&A. Des niveaux de valorisation élevés sont attribués aux entreprises présentant les caractéristiques suivantes : (i) modèles axés sur les données, (ii) revenus récurrents, (iii) positionnement sur le segment biologique et (iv) plateformes intégrées. Les entreprises disposant d’une distribution non différenciée et exposées aux seules matières premières subissent des pressions sur leurs multiples. En résumé : les données renforcent la pérennité, la technologie assure la pertinence et le M&A permet d’accélérer la croissance.

En conclusion

L’agriculture devient une classe d’actifs portée par les technologies. Les futurs leaders ne se définiront plus par leur surface agricole, mais par la maîtrise des données, l’intégration technologique et l’allocation stratégique du capital. Et de plus en plus : par le choix de leurs partenaires ou de leurs acquisitions. Technologie × Biologie × Infrastructure × Capital. Cette convergence définira le prochain cycle.

Livingstone et son équipe Agroalimentaire & Agriculture

Livingstone est une banque d’affaires internationale spécialisée dans les opérations de M&A et de conseil en financement debt advisory du mid-market, comptant plus de 140 professionnels répartis dans ses bureaux aux États-Unis, en Europe et en Asie. La société réalise environ 70 transactions par an dans ses principaux secteurs de prédilection, notamment les services aux entreprises & technologies, la grande consommation, la santé et l’industrie.

L’équipe Agroalimentaire & Agriculture de Livingstone se consacre au développement et au renforcement des relations au sein des secteurs mondiaux de l’agro-industrie, des agtechs et de l’alimentation. La banque conseille ses clients dans leurs opérations de M&A (cession et acquisition), de conseil en financement et de situations spéciales, ainsi que pour d’autres prestations de conseil financier adaptées aux dynamiques propres à cette industrie.

Des multinationales de l’agro-industrie aux entreprises familiales non cotées, Livingstone intervient comme conseil de confiance sur l’ensemble de la chaîne de valeur agroalimentaire. Avec plus de 75 transactions de M&A réussies dans le secteur agricole et agroalimentaire, Livingstone a développé une expertise approfondie dans des sous-secteurs clés allant des agtechs et intrants jusqu’à la transformation, la distribution et la vente au détail.